Veillée diocésaine de demande de pardon et de réparation pour les victimes d’abus sexuels dans l’Église à Orléans

Nul ne semblait pressé de rentrer chez soi à l’issue de ces deux heures de communion, d’une grande intensité, comme si chacun avait pris la mesure de l’immense attente de ces personnes agressées dans leur chair et confinées dans un silence assourdissant pendant de très longues années.
Plus de 200 fidèles s’étaient réunis en cercle autour de la croix, au fond de l’église Sainte-Jeanne d’Arc, plongée dans la pénombre. La profondeur des chants, soutenus par un clavier et un violoncelle, a amplifié la charge émotionnelle des prières et des témoignages.

Mot d'introduction de Monseigneur Blaquart

Soyez tous les bienvenus !

C’est avec émotion que vous êtes venus et avec émotion aussi que je vous accueille en mon nom, au nom de l’équipe qui a préparé cette veillée, de l’Equipe Ecoute des blessures et des chrétiens de cette église Sainte Jeanne d’Arc.


veillée de réparation pour les victimes d'abus sexuels dans l'EgliseEmotion, car nous savons bien que cette veillée a pour point d’appui notre foi en Jésus-Christ, notre espérance en Lui. Et en même temps, des crimes graves contre des enfants, des jeunes et des jeunes adultes, un péché lourd a été commis par des clercs ou des religieux, un péché collectif par omission. Nous savions et nous nous sommes tus. (cf. Histoire d’un silence d’Isabelle de Gaulmyn, il faut lire ce livre.)

Aujourd’hui, la vérité éclate, et c’est tant mieux. Il ne faut pas avoir peur de la vérité. Même si elle fait mal. « La vérité vous rendra libre », dit Jésus. La vérité sur un passé qui a brisé des vies, des couples, des familles et la confiance dans l’Eglise. La vérité sur des actes commis parfois il y a 60 ans. La vérité sur nos représentations de l’autorité : Honorer le prêtre, le mettre sur un piédestal tellement qu’il devient intouchable, cela peut nous éviter de prendre des responsabilités. S’offusquer qu’on parle de ça, parce que ça touche nos représentations confortables.

Oui, nous avons failli ! Nous n’avons pas su protéger les êtres les plus faibles.

Ce soir, nous nous retrouvons avec des personnes qui ont été victimes, qui ont préparé cette soirée avec d’autres personnes pour une demande de pardon pour les abus sexuels en Eglise et aussi une demande de pardon pour le silence, une demande de pardon pour notre aveuglement collectif.

Et puis, nous engager auprès des victimes pour entreprendre un chemin de reconstruction, de réparation, de restauration. C’est le rôle de tous les chrétiens de cheminer avec les personnes blessées, abîmées, comme le Bon Samaritain de l’Evangile.

Il nous faut aussi prendre l’engagement personnellement et collectivement de tout faire pour que la Maison Eglise soit sûre, et que tout parent puisse confier ses enfants en toute sûreté. Et cela n’est possible qu’ensemble, dans la vigilance fraternelle les uns envers les autres.


Homélie de Monseigneur Blaquart

Deux paroles de Jésus à Pierre : « Tu es Pierre et sur cette Pierre, je bâtirai mon Eglise ». « Avant que le coq chante 2 fois, tu m’auras renié 3 fois. »

Comment est-ce possible ? Comment cela a été possible ? Que Pierre renie, trahisse, entraîne Jésus à la mort ?...Que des hommes d’Eglise, appelés par Jésus comme Pierre, ont trahi et tué. Combien de victimes se disent morts-vivants ! Et ceux qui s’en sortent s’appellent les survivants. Comment est-ce possible ? Pourquoi mon Dieu ? Nous ne pouvons que pleurer avec Pierre, en comprenant trop tard que nous avons failli.

veillée de réparation pour les victimes d'abus sexuels dans l'EgliseDans ces ténèbres, une lueur cependant, toute petite, mais que Pierre reçoit : le regard de Jésus. L’Eglise ne peut sortir de son péché qu’en accueillant le regard de Jésus : regard de vérité qui doit nous faire pleurer. Est-ce que nous sommes capables de pleurer avec ceux qui pleurent seul(les) depuis parfois si longtemps ?

Nous ne pouvons peut-être pas plus dans un premier temps. Mais ces pleurs de l’Eglise, nos pleurs sont des pleurs de communion profonde avec ceux que notre Eglise a blessés, abîmés (mis dans l’abîme), oubliés, rejetés.

Nous pleurons en demandant pardon pour notre silence, nos incohérences et en même temps nous voulons prendre le chemin de Pierre.

Notre seule espérance, le regard de Jésus, qui lui est toujours fidèle. Lui qui a accepté d’être blessé et tué, en croix avec toutes les victoires du péché des hommes. Lui qui veut tous nous mettre debout, restaurer, réparer les « survivants  », lui qui nous invite à entreprendre un chemin de guérison collective. Car nous avons tous besoin d’être guéris de toutes nos lèpres contraires à l’Evangile.


Aux personnes victimes, nous entendons votre appel à être réparées. Beaucoup veulent rester chrétiens mais n’ont trouvé que gêne et fermeture jusqu’à présent. Ce soir, nous voulons prendre l’engagement de cheminer avec vous. Nous ne pouvons gommer vos blessures, mais nous prenons l’engagement de cheminer avec vous, de vous écouter, nous prenons l’engagement de tout faire pour que nos communautés d’Eglise deviennent des maisons sûres. Merci à vous de nous réveiller. Merci à toi, Jésus, plus fort que toute mort, d’ouvrir un chemin de vie plus fort que tout.



13 / 10 / 2016

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