Ordinations au diaconat permanent

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Samedi 4 septembre à 15h, en la basilique de l’abbaye de Fleury à Saint-Benoît-sur-Loire, David Trouslard et Philippe Renaud ont été ordonnés comme diacres permanents pour le diocèse d’Orléans.


Notes d’homélie des ordinations diaconales de Philippe Renaud et David Trouslard


Bienvenue à tous !

Philippe et Karine, David et Loetitia, vos frères diacres et leurs épouses, les prêtres qui m’entourent, en particulier ceux qui vous ont accompagné, sollicité peut être pour ce beau ministère du diaconat, ceux qui ont la chance de vous accueillir dans leur paroisse. Le père Robert Leroy qui accueille David sur son groupement paroissial de Sully. Philippe Gauthier que je remercie tout spécialement, non seulement d’avoir été l’administrateur du diocèse pendant mon absence, mais pour l’accompagnement du diaconat, donc des candidats et des diacres, depuis 12 ans. Et qui aura la joie, à son retour, d’avoir Philippe comme diacre sur le secteur du Montargois rural. Merci à la communauté des moines de St Benoît qui nous accueillent dans ce splendide écrin qu’est leur abbatiale.

Qu’est-ce qu’un diacre permanent ? Diacre permanent en plein monde ? Pour le distinguer du moine devenu diacre permanent avec l’accent particulier du service liturgique propre à la vie bénédictine, ou du séminariste devenu diacre en vue du sacerdoce.

L’enseignement de l’Eglise nous dit que le diacre est serviteur de la Parole, de l’autel, et de la charité, à l’exemple de Celui qu’il doit représenter parmi nous. Le Christ, Jésus, « venu non pour être servi mais pour servir et donner sa vie pour la multitude ».

A la différence d’une ordination presbytérale, où tous les prêtres imposent les mains après l’évêque au futur prêtre, ici seul l’évêque impose les mains. Pourquoi ? Pour signifier que « le diacre est spécialement rattaché à l’évêque dans les tâches de sa diaconie » (CEC §1569), qu’il accomplit son service « pour aider l’évêque et ses prêtres ».

Si le prêtre est signe du Christ Pasteur, le diacre doit être signe du Christ serviteur.

Qu’est-ce qu’un diacre permanent ? Les textes de l’Ecriture Sainte que vous avez choisis, nous présentent bien le diacre serviteur de la Parole, de l’autel, et de la charité du Christ.

Serviteur de l’autel (cf Nb3,5-9). Le Seigneur dit à Moïse : « Fais approcher la tribu de Lévi : qu’elle soit à la disposition du prêtre Aaron pour l’assister. Les Lévites prendront soin de tout ce qui est confié à sa garde et celle de toute la communauté… Ils accompliront le service du sanctuaire (de la Demeure). Tu donneras les lévites à Aaron et à ses fils » : c’est-à-dire aux prêtres !

Le diacre reçoit la mission de présider les baptêmes, les mariages, les obsèques, les prières liturgiques (en l’absence de prêtre !)

Déjà au service de l’autel par le ministère de l’Acolytat, il devient serviteur de l’eucharistie, serviteur du Christ eucharistique.

Concrètement, qu’est-ce que cela veut dire, être serviteur de l’eucharistie ? Apprendre la liturgie, à préparer l’autel, à servir à l’autel, être proche du prêtre, assurer la prédication, la prière universelle, distribuer la communion, exposer le Saint sacrement pour l’adoration, porter la communion aux malades. Être serviteur de l’eucharistie, cela veut dire aussi aimer l’eucharistie et la faire aimer.

Être serviteur de l’eucharistie, c’est aussi devenir des « hommes eucharistiques » qui vivent et n’hésitent pas à dire et à vivre cette parole de St Augustin :
« Devenez ce que vous recevez »… le corps du Christ livré pour la vie du monde.

Le diacre, serviteur de la charité, (en lien avec des organismes comme le Secours catholique, le CCFD, le SEM, d’autres organismes…), se fait proche des pauvres, de tous les souffrants de notre monde, de notre société : les malades, les personnes âgées, handicapées, marginalisées ou exclues, notamment de l’Eglise, ce qui est un contre-témoignage de l’Evangile. Proche des pauvres, quitte à bousculer (cf Evangile de Luc 6, le droit et le permis).

Le diacre dans sa vie ordinaire, familiale, professionnelle, relationnelle, est engagé auprès des plus faibles, dans les combats pour que leur dignité soit respectée. Tout être humain n’est-il pas un sanctuaire de Dieu, une demeure de Dieu ? Jésus ne se donne t’il pas à rencontrer en eux ?

Et n’oublions pas ce qu’écrivait le Pape François (E.G.) : « Ce dont les pauvres ont le plus besoin, c’est de l’Evangile ». Il serait bon que tout diacre réunisse régulièrement quelques personnes en précarité pour partager la Parole de Dieu.

Le diacre, serviteur de la Parole (cf Act8, 26-40) avec le diacre Philippe. « Philippe prit la parole, et, à partir de ce passage de l’Ecriture (tirée du Livre d’Isaïe) à l’eunuque (ministre des finances de la reine d’Ethiopie), il annonça la Bonne nouvelle de Jésus ».

Chers amis diacres : participez activement à la Nouvelle Evangélisation. Soyez des modèles de « disciples missionnaires » dont l’Eglise à besoin. Nous allons vivre le congrès Mission à la fin du mois, puis le 29 janvier le journée « Synode en action ». Notre diocèse est engagé dans une dynamique, depuis le synode de Pentecôte 2019, pour « porter la joie de l’Evangile ».

Pour chaque chrétien, il s’agit de vivre une véritable conversion de vie, et bien sûr vous, frères diacres. Il y a urgence. « Le monde est en feu, ce n’est pas le moment de s’occuper d’affaires de peu d’importance » disait Sainte Thérèse d’Avila. Certains passent leur temps à critiquer ce que font les autres. D’autres s’engagent résolument. Je vous souhaite d’être des diacres courageux et engagés, qui se laissent bousculer. Ce qu’a fait le diacre Philippe n’était pas prévu. Il avait été appelé avec Etienne et les autres pour « le service des tables », l’assistance aux veuves dans le besoin. Et voilà que le Seigneur lui demande de rejoindre un homme et de lui annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus ! Ce qu’il continuera de faire dans toutes les villes où il passera.

En vous remettant l’Evangéliaire, je vous rappellerai que vous avez pour « mission d’annoncer l’Evangile du Christ ».

Cette Parole de Dieu, vous-même lisez-là assidûment, travaillez-là, et surtout, laissez-vous travailler par elle !

Laissez le Christ Jésus vous enseigner de l’intérieur !

Soyez fidèle à des temps d’intimité réguliers avec Jésus, dans le silence et le seul à seul, à son écoute, portés par l’Esprit Saint. N’hésitez pas à vous retirer pour une journée, une retraite.

Nourrissez-vous de la personne de Jésus. Invoquez-le ! Priez-le souvent ! L’Eglise nous dit que « le diacre est configuré au Christ qui s’est fait serviteur de tous.

C’est ce que je vous souhaite de vivre, cher David et cher Philippe, avec l’aide précieuse de vos épouses, Loetitia et Karine, et de tous ceux qui vous accompagnent et vous accompagneront dans ce beau ministère du diaconat.

+Jacques Blaquart
Evêque d’Orléans pour le Loiret
le 5 septembre 2021 à Fleury


Portraits croisés

David Trouslard et Philippe Renaud

Bonjour, pouvez-vous vous présenter brièvement ?

Philippe : Je m’appelle Philippe Renaud, j’ai 51 ans. Je suis marié depuis 27 ans à Karine et père de 4 enfants : Emma, Alice, Marien et Christalle. Nous habitons Gondreville-la-Franche depuis 22 ans. Infirmier de formation, je suis actuellement cadre de santé en milieu hospitalier. Élevé dans une famille catholique pratiquante, j’ai toujours fréquenté les lieux d’Église (scoutisme, aumônerie, retraites) et a rencontré Karine à l’aumônerie des jeunes.

David : J’ai 50 ans, je suis mariée avec Loetitia depuis 30 ans, j’ai 3 filles (Emmanuelle, Eve et Deborah) et j’ai la joie d’être grand-père depuis cette année. J’enseigne en lycée professionnel à Jean Lurçat à Fleury-les-Aubrais. J’habite Saint-Père-sur-Loire depuis un peu plus d’un an.


Comment est venu la question du cheminement vers le diaconat permanent ?

Philippe : Nous faisons partie des équipes Notre Dame depuis notre mariage et nous avons rejoint l’équipe de préparation au mariage depuis quelques années. Durant une parenthèse de vie à Gien pour le travail de Karine, nous avons vécu des temps forts et une proximité avec la communauté de Gennésaret. C’est alors que le Père Pierre-Yves Fumery, prêtre à Gien, m’a appelé à me poser la question du diaconat. Après une année de réflexion et de pré-discernement en Eglise, nous nous sommes engagés avec Karine dans la formation qui dure 4 années.

David : Il y a presque 10 ans, j’ai vécu une Pentecôte particulière à la cathédrale : il s’est passé quelque chose qui m’a touché mais que je n’ai pas su expliquer sur le moment. A l’automne qui suivait, lors d’un pélé à Taizé, j’ai demandé à un prêtre comment Dieu nous appelle. Et enfin, lors de l’ordination de Jean-Michel Jamin, que je connaissais bien, c’est Loetitia qui m’a interpellé en me demandant : « Pourquoi pas toi ? ». De part l’expérience de vie de mon père, lui aussi diacre, il m’a fallu du temps et un long accompagnement pour accepter de me poser la question. Je ne voulais pas être diacre simplement parce que mon père l’avait été : il a fallu que je m’approprie ma Foi et que je tisse des liens personnels avec le Christ.


Comment vos proches ont-ils accueilli votre décision de cheminer vers le diaconat permanent ?

Philippe : Mes enfants ont bien accueilli cet engagement. L’un d’entre-eux a même fait partie du groupe d’accompagnement : c’est bien une décision familiale, soutien indispensable pour mon cheminement.

David : Quand j’ai commencé à parler de mon questionnement à des amis, aucun n’a été surpris, alors même que nous n’en avions jamais parlé. Quand je suis allé trouver mes parents pour leur annoncer mon cheminement, ils étaient heureux et mon père a même dit « Enfin ». J’étais à la fois surpris et heureux de voir que mon entourage le pressentait mais que chacun m’avait laissé le temps de m’approprier l’idée. Mes filles ont aussi très bien accueilli la nouvelle, comme un petit cadeau, elles sont précieuses pour moi car je sais qu’elles seront vigilantes à l’équilibre entre ma mission et ma vie familiale.


Dans quel état d’esprit êtes-vous à quelques jours de l’ordination ?

Philippe : Je suis reconnaissant. Le temps de formation avec Karine a été très riche. Nous avons fait de très belles rencontres et nous avons apprécié l’association des femmes à cette communauté de diacres. Nous avons vu l’action du Seigneur tout au long de ces 4 années de formation, action qui va trouver une nouvelle dimension lors de l’ordination puis de l’accomplissement de la mission.

David : Je suis à la fois rempli des cinq années de cheminement et de formation, mais aussi curieux, angoissé, enthousiaste. Il s’agit de confier toute sa vie à Dieu : une fois entré dans ce cheminement, il y a cette confiance dans l’inconnu de demain. Et bien sûr, j’aurai une pensée particulière pour mon père le jour de l’ordination.

12 / 09 / 2021

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