Peut-on être catho et écolo ?

Cette conférence, donnée par le Père Dominique Lang le 23 mai 2012 au CERC Orléans a été organisée par le groupe œcuménique « Chrétiens et écologie dans le Loiret ».
Le Père Dominique Lang est Assomptionniste, biologiste, il travaille à la revue Ceras, au Pèlerin Magazine… il a créé et animé pendant plusieurs années une revue consacrée à l’écologie, les « Cahiers de Saint Lambert ».
Nous vous en retransmettons l'essentiel à partir des notes d'un auditeur.

« Peut-on être Catho et Ecolo ? »

naturePremière partie : C’est quoi l’écologie ?

Exposé à partir de photos, d’articles de presse et de pages publicitaires...

Seconde partie : et nous chrétiens ?

1 - Paroles d’Eglise

a) La lecture chrétienne de la crise écologique est ancienne : rapport au temps, rapport à l’espace, rapport aux autres … mais discrète.

b) Bien avant son pontificat, Benoit XVI_ dès 1989-regrettait des oublis dans la théologie moderne, par ailleurs si vivante. Nous n’avons pas de travail théologique qui creuse ce que dit la foi chrétienne quand elle parle de création (et non créationnisme) Il manque autant de reflexion métaphysique pour parler du Christ (homme-Dieu) et pour parler de l’achèvement du temps (qui évoque le Royaume de l’Amour divin ; ce qui est différent de la destruction ou restauration de la planète) Au travail les théologiens !!!

c) « Enjeux et défis écologiques pour l’avenir », ce texte de la conférence des évêques est paru en 2012 après deux ans de réflexion ardue, parait-il…
Il se compose de trois parties :

  • une lecture chrétienne de la crise écologique
  • agir en chrétiens pour la création , quelques propositions
  • convertir notre rapport à la nature, à l’homme, à Dieu

VIVRE SIMPLEMENT POUR QUE SIMPLEMENT LES AUTRES VIVENT …

2 - Se situer dans la forêt des approches de l’écologie :

nature
  • Ecologie romantique, style Chateaubriant que la nature est belle…
  • Ecologie scientifique (étude des éco-systèmes)
  • Ecologie de naturalistes – les passionnés du vivant, des espèces, de leurs relations , la bio-diversité…
  • Ecologie des militants à la fois CONTRE le nucléaire, les OGM, les insecticides, la consommation à outrance … et POUR la culture bio, la consommation raisonnée…
  • Ecologie politique avec les partis verts, les personnes emblématiques : Nicolas Hulot, Eva Joly etc… Grande nébuleuse qui entraîne démobilisation, saturation, indifférence au cœur des crises actuelles financière, économiques et sociales devenues prioritaires.
  • Ecologie sociale pour la défense de l’homme et de ses libertés cf ACAT un vrai combat.
  • Ecologie médiatique Etienne, Hulot etc…

3 – Se situer dans quel registre ?

  • Catastrophisme fascinant ou complaisant avec pour conséquence la peur
  • Scepticisme avec oubli et évacuation du trop plein de mises en garde…
  • Au-delà de cette bipolarisation mourir ou vivre les chrétiens choisissent une troisième voix : la Résurrection… celle de Jésus et la nôtre déjà en cours…

Jean-Paul II, en 1982, a désigné St François d’Assise comme patron des écologistes.

Les réponses aux questions posées en fin de soirée

N’est-ce pas l’homme qu’il faut sauver, et non la planète ?

  • oui, l’homme est essentiel, mais pour respecter l’homme on doit respecter la terre.

    L’alimentation de 7 milliards d’humains ne nécessite-t-elle pas des pesticides, le Bio n’est il pas un luxe, la viande un gaspillage ?

    • Sommes-nous trop nombreux sur la terre ? Pierre Rabhi explique que ceux qui posent cette question sont le milliard d’humains qui consomment les ¾ des ressources de la planète… en désignant les deux milliards qui ne consomment presque rien et ne polluent pas…
    • Le bio est une solution pronée par la très sérieuse FAO pour limiter la faim dans le monde. Nos agricultures performantes et subventionnées perturbent un équilibre alimentaire dans maintes régions du monde, ainsi que des valeurs de gratuité, d’émerveillement, de cohérence personnelle. André Pochon, jeune agriculteur des années 60 avait imaginé d’autres voies performantes pour l’agriculture, mais son message commence tout juste à être entendu 50 ans après…
    • Pour la viande, avons-nous besoin de toutes ces protéines ? et comment celles-ci sont produites ? L’élevage en batterie est dégradant pour l’animal et pour l’homme… nous devons retrouver des lieux de confiance y compris pour notre alimentation.

    Comment envisager la notion de décroissance, est elle compatible avec une vision « teilhardienne » fondée sur le progrès ?

    • La planète terre, vue pour la première fois depuis l’espace, apparaît limitée. Bien des ressources non renouvelables sont en voie d’épuisement, ce qui est incompatible avec une croissance indéfinie, cela prépare un monde difficile pour nos enfants, nous devons dénoncer une vision idolâtre du niveau de vie qui écrase toute autre valeur.
    • Le mouvement fondamental du progrès selon Teilhard de Chardin n’est plus aussi évident à notre époque et aide peu à comprendre l’écologie. Nous sommes davantage confrontés à la réalité de la croix, chemin de salut, mais Teilhard se posait aussi cette question.

    naturePeut-on être « catho et écolo » , cette notion se confond-elle avec le « développement durable » ?

    • Cathos et écolos : oui c’est possible, mais en partant des petites choses pas des grandes ! Certains choisissent de la farine bio pour les hosties… D’autres sont choqués parce que le prêtre bénit la source d’un village breton où l’eau est indiquée « non potable » … donc changer de cap en cherchant à :
      • Recréer des « lieux de confiance »
      • désamorcer les pièges de la société de consommation, pourquoi ne pas reprendre le dialogue avec notre boulanger sur l’origine des produits etc.
      • Pas se croire « sauveurs » de la planète, mais simplement « gardiens » de ce que Dieu sauve… c’est là que se trouve la « bénédiction ».
    • La notion de « développement durable » est ambiguë… regardons le développement du Porc en Bretagne avec sa succession de complications écologiques… et demandons-nous « avons-nous besoin de tant de porc » ? Devenons des « cellules souches » d’un développement fondé sur l’homme, regardons par exemple les « AMAP » où l’agriculteur trouve 300 personnes intéressées par ses produits, qui discutent, qui comprennent etc.

    Comment trouver cohérence entre théorie et pratique sur l’écologie ?

    • La cohérence entre nos paroles et nos actes est fondamentale, nous ne devons pas être des « écolos bobos ». Nous devons écouter le questionnement écologique, des incroyants nous renvoient souvent à la question du sens de la vie… Relisons le livre sur les « Paroisses vertes » réalisé par des Suisses (2010. Aufdereggen Kurt - Oeku Eglise Et Environnement - Mix & Remix)
    • Nous devons écouter la « Parabole de 1989 »… : Deux mois avant, qui avait prévu la chute du mur de Berlin ? Des petits résistent, puis un jour, cela cristallise, comme les « trompettes de Jéricho »… comment résister ? Par la vie qui résiste à la Bête, à la bêtise, aux monstruosités du libéralisme… regarder la Bête en face et lui dire « je ne participerai pas à ton système ! »

    Comment ne pas être écrasés par le catastrophisme ? Comment promouvoir une alliance d’écologie solidaire / « biosanto et non monsanto » / « vivre simplement pour que d’autres puissent simplement vivre » (Gandhi) ?

    • Le spirituel « petit » commence à guérir le monde car il change humblement… dans le respect, dans le témoignage d’une cohérence de vie à la suite du Christ
    • Ne rien faire ? c’est le discours du serpent. Résister au mensonge ambiant, à l’anesthésie collective… on n’est pas des purs, mais on reprend après l’échec…

    (Notes de conférence : G.Doré, Y.Froissart)
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