Les migrants dans le Loiret

Migrants, réfugiés, quelle différence ?

"Migrant" désigne simplement toute personne qui par choix, nécessité, ou contrainte quitte son pays. Au contraire, "réfugié" est un statut encadré par la convention de Genève de 1951.

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Un réfugié ne peut être considéré comme tel qu’après dépôt et acceptation d’une demande d’asile. Les personnes qui arrivent sont prises en charge par les Centres d’accueil de demandeurs d’asile (CADA), qui leur offrent un lieu d’accueil pour toute la durée de l’étude de leur demande de statut de réfugié. Cet accueil prévoit l’hébergement, le suivi administratif (accompagnement de la procédure), le suivi social (accès aux soins, scolarisation des enfants...) et une aide financière alimentaire.

Les CADA (six dans le Loiret) sont en général gérés par des associations ou des entreprises, et financés par l’État. Toute demande d’asile est déposée en préfecture. De nombreuses associations aident à cette fin les réfugiés potentiels à rédiger des dossiers particulièrement complexes, en langue française, en motivant leur demande d’asile.

En théorie, tout dossier est examiné dans un délai de six mois. Cette procédure est confiée à un établissement public : l’Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA). Si la demande est acceptée, le bénéficiaire reçoit une carte de séjour temporaire d’une année renouvelable. Sinon, il dispose d’un délai d’un mois pour formuler un recours auprès de la Cour nationale du droit d’asile (CNDA). Si celui-ci n’aboutit pas, le demandeur est placé en centre de rétention administrative, 45 jours maximum, en vue du rapatriement dans son pays d’origine. Il est clair que nombreux sont ceux qui restent sur le territoire national sans aucun document, et donc, dans l’illégalité.

L’immigration en quelques chiffres

262 000 premiers titres de séjour ont été délivrés en France en 2017, en hausse de 14 %, avec pour motifs d’admission : familial (35 %), études (34 %) et humanitaire (15 %). Plus de 100 000 demandes d’asile ont été introduites à l’OFPRA, 15 000 de plus qu’en 2016. Les premiers pays de provenance sont dans l’ordre l’Albanie, l’Afghanistan, la Syrie, Haïti et le Soudan.

L’observatoire diocésain
Source : Catho 45 n°12 - mai juin juillet 2018

Accueil des migrants : quel regard ont les chrétiens du Loiret ?

Partagés entre compassion réelle et crainte sécuritaire, cette dernière étant suscitée par l’ampleur de la situation migratoire actuelle, les chrétiens ont parfois le sentiment que l’accueil des migrants est inégalement organisé.

C’est au cours de la période d’attente de leur statut de réfugié que les migrants ont le plus besoin d’être soutenus. Au sein des différents centres d’accueil, comment contribuer à rendre les conditions de vie toujours plus humaines ? Les besoins d’aides sont nombreux, liés aux conditions locales, et concernent principalement : l’hébergement, la nourriture, la cohabitation avec les autres migrants...

L’important est que les personnes bénévoles puissent mettre l’accent sur l’explication des règles de vie en collectivité, l’aide à la rédaction des documents administratifs, l’apprentissage du français, la scolarisation des enfants ou encore la formation professionnelle. On le voit, la tâche est immense.

Le but est avant tout de pouvoir apporter à la fois espérance et joie.

Un accueil chaleureux et humain : témoignage d'Olivier Grolleau, président de l’Oasis du Val

Créée dans la région de Beaugency l’association l’Oasis du Val (non confessionnelle et apolitique), regroupe des citoyens d’origines différentes, réunis autour de valeurs communes : la fraternité, l’aide au plus faible et au plus démuni.

Elle veille à l’organisation des conditions d’accueil des personnes réfugiées, migrantes ou en besoin urgent d’hébergement. Pour ce faire, elle a obtenu du curé, affectataire, et du Maire, propriétaire, la possibilité de réaliser cet accueil dans le presbytère de Beaugency. Depuis 18 mois, l’association a accueilli une trentaine de personnes d’horizons très divers (migrants en demande d’asile, travailleurs pauvres de l’Union Européenne, balgentiens en situation précaire...). La plupart d’entre eux ont pu quitter le presbytère et reprendre une vie normale. Au-delà d’un simple hébergement, l’association organise un accueil chaleureux et humain des personnes qu’elle reçoit. Celles-ci lui sont adressées, entre autres, par des associations spécialisées dans l’accompagnement des réfugiés ou des migrants qui se chargent de leur suivi administratif. Les membres de l’Oasis du Val, pour leur part, se donnent pour tâche de veiller à leurs besoins de première nécessité et de nouer des relations conviviales.

Source : Catho 45 n°12 - mai juin juillet 2018

L’immigration, un rendez-vous pour la foi

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L’actualité dans notre pays, comme dans notre département, continue à placer les migrations – et leur cortège de découvertes, de modifications d’équilibres politiques et culturels et aussi de violences - au coeur de la vie des hommes.

Et si nous remontions un peu le temps ?

La création des États nations s’est fondée sur la question, toujours d’actualité, de l’identité commune. C’est-à-dire un " ressenti partagé ” même quand un quart des Français aujourd’hui ont des ascendants d’origine étrangère. Dans les années 20, dans le Loiret comme ailleurs, on assiste à l’arrivée massive de migrants venus de Pologne, d’Italie ou de Russie, notamment à Chalette en raison de l’usine Hutchinson.

En 1926, les étrangers représentent plus de la moitié de la population active du Loiret travaillant dans l’industrie. L’immigration algérienne débute après 1945, suivie par l’arrivée de marocains et de portugais. Progressivement s’opère le regroupement familial. Alors que les années soixante-dix sont une période faste pour l’économie orléanaise, on assiste progressivement à l’installation de cette main-d’oeuvre étrangère et de ses familles, préférentiellement sur les quartiers périphériques, près des zones industrielles.

Avec les migrations de demandeurs d’asile, comme les réfugiés cambodgiens ou rwandais, de nouvelles politiques d’immigration et d’accueil sont mises en place, avec notamment la création des CADA (Centre d’accueil des demandeurs d’asile). Le Loiret a ainsi reçu de nombreuses familles ayant obtenu le statut de réfugié en lien avec la proximité de la région parisienne. Les États européens ont créé la libre circulation des personnes au sein de “ l’espace Schengen ”. Mais les choses changent profondément au cours des années 2000, avec l’afflux de réfugiés venant d’Afrique et surtout du Moyen-Orient, en lien avec le développement des conflits dans ces pays. En 2015, le Loiret a accueilli environ 800 migrants qui ont déposé une demande d’asile. La population immigrée vieillit. Des générations d’enfants, de petits-enfants naissent en France (et ne sont pas des immigrés). La pratique de l’islam se développe davantage au sein de ces populations du fait de nouveaux arrivants. De manière générale, la visibilité de ces populations est liée à leur concentration territoriale.

L’Observatoire diocésain
Source : Catho 45 n°7

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Quel regard chrétien sur ce sujet ?

Les migrations d’aujourd’hui nous renvoient aux grandes itinérances du peuple hébreu (dans la Bible le mot hébreu " migrer " signifie “ passer, traverser "). Le but de toute migration selon la Bible, c'est Dieu lui-même. Et le chemin qui y conduit, c'est le Christ : “ Je suis le chemin ” (Jean 14,6). Dans l’Église, la notion d'asile est ancienne : “ J'étais l'étranger et vous m'avez recueilli ”(Mathieu).

Cette exigence nous appelle à un profond discernement. Depuis les années soixante, tout en continuant à affirmer le droit de tout homme à migrer librement, l'Église souligne qu'il existe un droit plus fondamental encore : “ le droit de ne pas avoir à migrer ”. Le pape François s'inscrit dans cette continuité : alors que 30 000 personnes ont trouvé la mort en 15 ans en tentant de traverser la Méditerranée, il a demandé en septembre 2015 aux paroisses un acte concret : accueillir une famille de réfugiés. D’où de nombreuses initiatives qui ne sont pas toujours connues ni visibles. “ Le phénomène migratoire n’est pas étranger à l’histoire du salut… Il constitue un signe des temps, qui parle de l’oeuvre providentielle de Dieu dans l’histoire et dans la Communion universelle ” (François, Message pour la journée mondiale du migrant 2017).

L’Observatoire diocésain
Source : Catho 45 n°7

Témoignages

Les initiatives ne manquent pas dans notre département, pour venir en aide aux demandeurs d’asile. C’est notamment le cas au sein des équipes du Secours catholique : “ Depuis une quinzaine d’années, j’accompagne des migrants qui sont bien souvent dans des situations inhumaines… Patience, c’est ce qui les fait supporter leurs difficultés, avant d’avoir, pas toujours, le droit de rester en France. Comment rester digne en étant dépendant… Donner de l’espérance mais pas de faux espoirs ”. F. bénévoles du Secours catholique.

"Des communes rurales se mobilisent pour accueillir des réfugiés dans leurs villages : après l’appel du préfet, la commune de Châtillon-Coligny répond positivement pour accueillir deux ou trois familles. En décembre 2015, Safwan, syrien, et Jasim, irakien, arrivent dans cette commune de 2000 habitants. Il y aura tout un mouvement de solidarité locale pour accueillir les familles en juin 2016." Ces témoignages sont extraits de la revue Esperal 45 (décembre 2016). Mentionnons simplement la multiplicité des actions d’accueil discrètes, les familles qui se mobilisent, et les aides apportées dans de nombreux domaines, notamment dans les démarches administratives, et l’intégration au quotidien dans la vie de notre pays.

Source : Catho 45 n°7

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