Les migrants dans le Loiret

L’immigration, un rendez-vous pour la foi


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L’actualité dans notre pays, comme dans notre département, continue à placer les migrations – et leur cortège de découvertes, de modifications d’équilibres politiques et culturels et aussi de violences - au coeur de la vie des hommes.

Et si nous remontions un peu le temps ?

La création des États nations s’est fondée sur la question, toujours d’actualité, de l’identité commune. C’est-à-dire un " ressenti partagé ” même quand un quart des Français aujourd’hui ont des ascendants d’origine étrangère. Dans les années 20, dans le Loiret comme ailleurs, on assiste à l’arrivée massive de migrants venus de Pologne, d’Italie ou de Russie, notamment à Chalette en raison de l’usine Hutchinson.

En 1926, les étrangers représentent plus de la moitié de la population active du Loiret travaillant dans l’industrie. L’immigration algérienne débute après 1945, suivie par l’arrivée de marocains et de portugais. Progressivement s’opère le regroupement familial. Alors que les années soixante-dix sont une période faste pour l’économie orléanaise, on assiste progressivement à l’installation de cette main-d’oeuvre étrangère et de ses familles, préférentiellement sur les quartiers périphériques, près des zones industrielles. Avec les migrations de demandeurs d’asile, comme les réfugiés cambodgiens ou rwandais, de nouvelles politiques d’immigration et d’accueil sont mises en place, avec notamment la création des CADA (Centre d’accueil des demandeurs d’asile). Le Loiret a ainsi reçu de nombreuses familles ayant obtenu le statut de réfugié en lien avec la proximité de la région parisienne. Les États européens ont créé la libre circulation des personnes au sein de “ l’espace Schengen ”. Mais les choses changent profondément au cours des années 2000, avec l’afflux de réfugiés venant d’Afrique et surtout du Moyen-Orient, en lien avec le développement des conflits dans ces pays. En 2015, le Loiret a accueilli environ 800 migrants qui ont déposé une demande d’asile. La population immigrée vieillit. Des générations d’enfants, de petits-enfants naissent en France (et ne sont pas des immigrés). La pratique de l’islam se développe davantage au sein de ces populations du fait de nouveaux arrivants. De manière générale, la visibilité de ces populations est liée à leur concentration territoriale.

L’Observatoire diocésain
Source : Catho 45 n°7

Quel regard chrétien sur ce sujet ?

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Les migrations d’aujourd’hui nous renvoient aux grandes itinérances du peuple hébreu (dans la Bible le mot hébreu " migrer " signifie “ passer, traverser "). Le but de toute migration selon la Bible, c'est Dieu lui-même. Et le chemin qui y conduit, c'est le Christ : “ Je suis le chemin ” (Jean 14,6). Dans l’Église, la notion d'asile est ancienne : “ J'étais l'étranger et vous m'avez recueilli ”(Mathieu).

Cette exigence nous appelle à un profond discernement. Depuis les années soixante, tout en continuant à affirmer le droit de tout homme à migrer librement, l'Église souligne qu'il existe un droit plus fondamental encore : “ le droit de ne pas avoir à migrer ”. Le pape François s'inscrit dans cette continuité : alors que 30 000 personnes ont trouvé la mort en 15 ans en tentant de traverser la Méditerranée, il a demandé en septembre 2015 aux paroisses un acte concret : accueillir une famille de réfugiés. D’où de nombreuses initiatives qui ne sont pas toujours connues ni visibles. “ Le phénomène migratoire n’est pas étranger à l’histoire du salut… Il constitue un signe des temps, qui parle de l’oeuvre providentielle de Dieu dans l’histoire et dans la Communion universelle ” (François, Message pour la journée mondiale du migrant 2017).

L’Observatoire diocésain
Source : Catho 45 n°7

Témoignages


Les initiatives ne manquent pas dans notre département, pour venir en aide aux demandeurs d’asile. C’est notamment le cas au sein des équipes du Secours catholique : “ Depuis une quinzaine d’années, j’accompagne des migrants qui sont bien souvent dans des situations inhumaines… Patience, c’est ce qui les fait supporter leurs difficultés, avant d’avoir, pas toujours, le droit de rester en France. Comment rester digne en étant dépendant… Donner de l’espérance mais pas de faux espoirs ”. F. bénévoles du Secours catholique.

“ Des communes rurales se mobilisent pour accueillir des réfugiés dans leurs villages : après l’appel du préfet, la commune de Châtillon-Coligny répond positivement pour accueillir deux ou trois familles. En décembre 2015, Safwan, syrien, et Jasim, irakien, arrivent dans cette commune de 2000 habitants. Il y aura tout un mouvement de solidarité locale pour accueillir les familles en juin 2016. ” Ces témoignages sont extraits de la revue Esperal 45 (décembre 2016). Mentionnons simplement la multiplicité des actions d’accueil discrètes, les familles qui se mobilisent, et les aides apportées dans de nombreux domaines, notamment dans les démarches administratives, et l’intégration au quotidien dans la vie de notre pays.


Source : Catho 45 n°7

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