Nouvelles technologies, nouveau rapport au travail

PLUS DE STRESS ?

La généralisation dans les entreprises des techniques de numérisation a révolutionné les méthodes de travail : moins de personnel et un usage croissant aux échanges par Internet. Conséquences ?


Plus de stress ?

La France connaît depuis une trentaine d’années une faible croissance dans un environnement où la mondialisation favorise les échanges entre les pays. Si notre savoir-faire n’est pas en cause, nos coûts de production sont généralement plus élevés que ceux d’une grande partie de nos voisins européens ou des pays d’Extrême Orient. Cette situation tend à s’aggraver du fait du recours de plus en plus fréquent à des travailleurs détachés au sein de l’Union Européenne. À cela s’ajoute une évolution des méthodes de travail dans de nombreux secteurs. Elle trouve son origine dans le recours croissant aux techniques de numérisation et à l’usage de plus en plus répandu des automates.

Dans les entreprises confrontées à une vive concurrence, ce phénomène ne cesse de s’amplifier. Il conduit à limiter au strict nécessaire le nombre d’emplois et à demander à ceux qui demeurent une augmentation de leur productivité. Simultanément, le télétravail se développe et il est fréquent qu’un salarié (notamment quand il est cadre) soit connecté en permanence sur son lieu de travail, à son domicile, voire lors de ses déplacements.

Enfin, dans certains secteurs, les salariés vivent souvent dans la crainte du chômage. Dans ce contexte, il n’est pas rare que surviennent des tensions, des situations de stress, voire des dépressions pouvant conduire à des arrêts maladie (ou burn-out).

Dans notre pays, le niveau du chômage est significatif depuis plus de 30 ans. Il ne s’agit plus d’un problème passager mais d’une situation structurelle pour laquelle il faut sans doute que nous changions de regard en n’attendant plus une hypothétique croissance pour espérer créer des emplois.

Dans la Région Centre, si l’on constate une hausse des emplois dans les domaines du commerce de détail, des secteurs de la santé ou de l’action sociale, ailleurs le nombre d’emplois a fortement baissé et les besoins auxquels il est fait appel sont de plus en plus qualifiés.

L'Observatoire Diocésain
Source : Catho 45 n°9


Dans son encyclique de juin 2015 « Laudato si », le pape François aborde la question du travail

Nous disons que « l’homme est l’auteur, le centre et le but de toute la vie économico-sociale ». [100] Malgré cela, quand la capacité de contempler et de respecter est détériorée chez l’être humain, les conditions sont créées pour que le sens du travail soit défiguré. [101] Il faut toujours se rappeler que l’être humain est « capable d’être lui-même l’agent responsable de son mieux-être matériel, de son progrès moral, et de son épanouissement spirituel ». [102] Le travail devrait être le lieu de ce développement personnel multiple où plusieurs dimensions de la vie sont en jeu : la créativité, la projection vers l’avenir, le développement des capacités, la mise en pratique de valeurs, la communication avec les autres, une attitude d’adoration. C’est pourquoi, dans la réalité sociale mondiale actuelle, au-delà des intérêts limités des entreprises et d’une rationalité économique discutable, il est nécessaire que « l’on continue à se donner comme objectif prioritaire l’accès au travail... pour tous ». (Laudato si § 127)

Nous pouvons nous-même nous interroger :
Mon travail me fait-il grandir ? Fait-il grandir mon entourage ? Contribue-t-il au bien commun ?



Témoignage de Bernard Lavaux, président (en 2017) du mouvement des Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens

edc

Les membres des EDC (Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens) estiment que le chômage n’est pas entièrement structurel : de nombreux emplois ne sont pas pourvus et il y a une réelle inadéquation entre la formation et l’offre d’emploi. Par ailleurs la faiblesse de la croissance est due surtout à nos lourdeurs administratives, que l’on devrait pouvoir alléger. Les plans de charge des entreprises varient souvent très rapidement (gain ou perte d’une commande importante), aussi faut-il être en mesure d’adapter l’outil de production à la charge de travail. Nos entreprises hésitent entre ne pas répondre à la demande par manque de moyens ou risquer de se mettre en péril par un sureffectif difficile ensuite à résorber.

Par ailleurs la robotisation de certaines tâches, nécessaire pour rester compétitifs, ne va pas systématiquement tuer l’emploi mais le faire souvent évoluer vers des tâches nouvelles et probablement plus gratifiantes. Quant au stress il est urgent de redonner du sens au travail, en développant la participation des salariés au projet d’entreprise et en manifestant à leur égard plus de confiance dans leur contribution à sa réussite.

En conclusion, les membres des EDC veulent croire que l’on peut s’épanouir dans son travail et s’efforcent de se rapprocher de cet objectif dans leur entreprise.

Bernard Lavaux,
EDC (Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens)
Source : Catho 45 n°9

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