Les catholiques en France et dans le Loiret

Depuis le dernier synode diocésain, des changements profonds sont intervenus au sein de l’Église catholique. Au-delà des chiffres, une enquête récente met en évidence de grandes disparités dans les pratiques religieuses.


Habituellement les catholiques sont classés en deux groupes : pratiquants et non pratiquants. Une enquête d’opinion menée pour le journal La Croix, en 2017 (Enquête IPSOS sous la houlette de P. Cibois et Y. du Cleuziou), sort un peu de cette distinction. Selon cette enquête, 1,8 % de la population française se rendrait régulièrement à la messe le dimanche. Par ailleurs, sur les 53 % qui se disent catholiques, 23 % se définissent comme "catholiques engagés", c’est-
à-dire "qu’ils se sentent rattachés à la vie de l’Église d’une manière ou d’une autre".
L’étude décrit par ailleurs ceux qui n’assistent pas à la messe régulièrement "mais qui se considèrent quand même comme catholiques parce qu’ils vivent leur foi autrement". Parmi ces "catholiques engagés", la religion est perçue comme un élément important de leur identité. Mais ils ne constituent pas pour autant un groupe pleinement homogène, même si tous soulignent l’importance d’être baptisés. L’enquête recense six "familles" de catholiques. Pour simplifier, on peut les rassembler en trois groupes.

Premier groupe

Environ la moitié d’entre eux : ils pratiquent peu, sauf à l’occasion des événements familiaux (mariages, baptêmes, enterrements...), mais sont attachés aux rites de l’Église et généralement réservés face aux prises de position du pape sur les migrants.

Deuxième groupe

Environ un quart : ils sont très attachés au message du Christ et aux valeurs qu’Il incarne - générosité, accueil, ouverture aux autres... La pratique religieuse est réduite et principalement liée aux grandes fêtes (Noël, Pâques, Toussaint). Pourtant leur foi les pousse à s’engager dans des actions de solidarité. En particulier le soutien aux associations caritatives. Ils ont la volonté de transmettre à leurs enfants l’héritage qu’ils ont eux même reçu. Ils sont majoritairement favorables au pape et à une immense majorité pour un accueil des migrants.

Troisième groupe

Un peu plus d’un quart d’entre eux : la pratique y est plus fréquente, souvent très régulière au sein de leur paroisse. Ils sont actifs dans de nombreux mouvements (Secours catholique, scouts,...), ont des engagements nombreux, participent à des temps de ressourcement, des rencontres de convivialité, des actions de soutien aux plus faibles, ou encore à des pèlerinages (JMJ) ou des retraites. Ils sont majoritairement favorables à l’accueil des migrants.

L’observatoire diocésain
Source : Catho 45 n°11 - fev mars avril 2018

catholiques

Et les sacrements ?

Alors qu’encore les deux tiers des français se déclaraient catholiques en 2010, ils ne sont plus que 53 % en 2017. Ce recul, amorcé depuis les années soixante-dix, touche également la pratique, comme le montre l’évolution des actes religieux dans le Loiret. Depuis 2000, le nombre de mariages catholiques diminue en moyenne chaque année de 4 % et ne concerne plus aujourd’hui qu’un quart des mariages civils. Les baptêmes suivent la même pente (- 2,5 % par an), avec surtout un recul du baptême des nouveaux-nés : les baptêmes après un an représentent aujourd’hui plus de la moitié des baptisés alors que cette proportion était d’un tiers il y a 15 ans. Seul un nouveau-né sur sept (moins d’un an) est aujourd’hui baptisé dans le Loiret (un sur trois au début des années 2000). Les enterrements échappent à cette tendance puisqu’ils concernent encore les 2/3 des décès. Leur nombre diminue très faiblement. Au-delà d’un éventuel attachement à la sépulture catholique, cela reflète un effet générationnel très marqué dans la pratique religieuse.

L’observatoire diocésain
Source : Catho 45 n°11 - fev mars avril 2018

mariage

Témoignage

Mais qu’allons nous devenir ? Que penser de ces constats sur l’évolution de notre Église dans le Loiret depuis 25 ans ?

Soyons dans l’Espérance à laquelle le Christ nous convie. Aujourd’hui, on n’est plus chrétien par habitude, mais par décision personnelle. Il faut se distinguer et suivre Jésus. Ne nous appelle-t-il pas à cette distinction ? Les exemples sont nombreux : l’enthousiasme des jeunes pour les JMJ, l’importance des participations aux rencontres à Taizé ou Paray-le-Monial, les activités au sein d’organisations telles que le Secours catholique, les pèlerinages à Compostelle, Lourdes ou Chartres. Être une petite minorité, dans notre société, ce peut être une opportunité pour affirmer et vivre les exigences de l’Évangile : les chrétiens ne sont pas une élite, mais des serviteurs au milieu de tous, de celles et ceux qui s’interrogent sur le sens de leur vie. Finalement, ne sommes-nous pas au cœur d’une profonde conversion qui atteint en profondeur
les chrétiens et leur communauté ? C’est sans doute plus essentiel que toutes les statistiques.

JFM, VM et JMW
Source : Catho 45 n°11 - fev mars avril 2018

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