Témoignage de Anonyme, membre de l'ACO

L'Action Catholique Ouvrière m'a conduite vers le catéchuménat

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Ce témoignage anonyme a été lu lors d'une rencontre de l'Action Catholique Ouvrière, le 2 mai 2010

Je suis en équipe d’ACO (Action Catholique Ouvrière) dans le Montargois, j’ai 42 ans, je suis mariée, mère de trois filles et j’exerce dans le secteur du médico-social. Si je ne suis pas parmi vous aujourd’hui, c’est que d’une part j’ai pris l’engagement d’être auprès de ma fille qui est en retraite de profession de foi et que d’autre part je dois assurer une astreinte professionnelle.

J’ai donc confié ce témoignage à des copains de l’ACO.

Comme mon prénom l’indique je fais partie d’une génération d’enfants de migrants. Mon père était ouvrier, arrivé en France en 1954, il a dû très rapidement s’engager. Il fallait tenir … le bidonville de Nanterre, l’usine, la différence pour ne pas dire la discrimination !

J’ai toujours vu, entendu mon père s’exprimer sur ce qu’il y avait de dur. Il était militant, militant politique, syndical, militant pour une meilleure vie.

J’ai aussi vu ce père parfois sombrer … la grève, la lutte, le chômage.

Je ne parle que peu de ma mère, j’avais 7 ans lorsqu’elle a disparu … j’ai mis 18 ans avant de la retrouver. Dans ma solitude d’enfant et d’adolescente, dans ma crainte de voir de qui me restait de ma famille disparaitre, la seule porte qui n’ait jamais été fermée était celle de l’église de mon village. Peu de personnes avec qui parler … Tout naturellement ?

Je suis devenue éducatrice spécialisée. Dans ma rencontre avec les jeunes, avec des hommes et des femmes, j’ai fait l’expérience de l’accueil, de l’écoute, du partage. J’ai vu qu’il y avait pour l’ensemble une route semée d’embuches et que nos paroles échangées pouvaient rendre praticable ce chemin de vie.

J’ai vu que dans le « recevoir » une force se mettait à agir. Si ma croyance était déjà présente depuis très longtemps, ma foi est née dans ces moments là.

J’ai attendu des années avant d’entendre l’appel. Si j’avais entendu celui du Seigneur, il était important pour moi que cet appel soit prononcé par des personnes.

Je pensais que cela serait ainsi quand je me suis mariée. Je n’ai rien osé demander et on ne m’a rien demandé. Je n’ai pas osé non plus lorsque nous avons conduit nos filles vers le baptême. J’allais renoncer et je m’étais préparée à l’accepter. En 2005, un vendredi vers 12 h 30 … (c’est précis parce qu’un jour d’appel ça ne s’oublie pas) un collègue de travail me donne une invitation pour participer à un cycle de rencontre d’ « éveil JOC » (Jeunesse Ouvrière Chrétienne), un temps de révision de vie, c’est ainsi qu’il le nomme.

J’écoute, je partage, je parle, je dis ma quête. Je suis dans le groupe invitée à une rencontre de copains (c’est comme ça qu’ils s’appellent, c’est étrange on ne se connaissait pas) et pourtant c’est lors de ces rencontres avec les copains de l’ACO qui accompagnaient de la JOC que j’ai été guidée vers un groupe de catéchuménat.

J’ai cheminé, j’ai relié l’ensemble, compris qu’un « chrétien isolé est un chrétien en danger ». J’ai été baptisée et confirmée en 2009. Aujourd’hui je suis membre de l’ACO et cela me renforce, me ressource.

J’accompagne aussi, en partenariat avec un lycée, un prêtre et la JOC, un groupe de jeunes. Toutes les trois semaines, nous nous rencontrons durant 2 heures. De nouveau je fais l’expérience du recevoir, juger, agir. L’essentiel est là, dans la rencontre avec ceux dont l’existence a ressemblé à la mienne, à la nôtre. L’essentiel aujourd‘hui pour moi c’est que tant en ACO qu’en JOC agir c’est semer, cultiver, répandre le message de l’Evangile.

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