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Jeanne, le spectacle : interview du Père Julien Dumont

Les 18, 19, 20 et 25, 26, 27 juin 2026, nous aurons le plaisir de découvrir le plus grand spectacle nocturne consacré à Jeanne d’Arc, au château de Charbonnière, à Saint-Jean-de-Braye.

Pour en savoir plus, rencontre avec le père Julien Dumont, prêtre de la paroisse de Saint-Jean-de-Braye et co-initiateur du spectacle.

Il y a trois ans, vous avez lancé le spectacle “Les Chroniques de la Bastille de Saint-Loup”. Quel impact a-t-il eu sur votre paroisse ?

Ce spectacle a mobilisé environ 130 volontaires et a créé, dans ma paroisse de Saint-Jean-de-Braye, une vraie cohésion. J’ai vu quelque chose changer concrètement : les paroissiens se saluaient davantage à la fin de la messe, il y avait un vrai désir de se retrouver.

Alors que, depuis mon arrivée il y a près de cinq ans, je n’avais pas réussi à engager la communauté dans quelque chose de profondément fraternel et missionnaire, ce projet a tout d’un coup permis de la constituer. Les gens se sont découverts, ils ont travaillé ensemble, et cela a créé des amitiés.

Ce spectacle s’inscrivait aussi dans le cadre du jubilé des 1400 ans de la mort de saint Loup. Il était porté par la prière et par un pèlerinage organisé à l’église de Saint-Jean-de-Braye, auprès de ses reliques. Pendant un mois, nous avons même pu ouvrir une porte sainte, avec une indulgence plénière accordée par Rome. Il y avait donc un lien très fort entre le spectacle et la vie spirituelle.

Personnellement, j’ai aussi fait l’expérience de la providence de Dieu dans ce projet. Il y a eu beaucoup d’obstacles, parfois très importants, et là où, humainement, tout semblait bloqué, un chemin s’ouvrait. J’ai vraiment senti que Dieu était présent au moment où nous en avions besoin.

Est-ce cette expérience qui vous a donné envie de lancer un nouveau spectacle autour de Jeanne d’Arc ?

Oui, clairement. Cette double expérience — à la fois communautaire et spirituelle — a donné aux paroissiens le désir de continuer. Ils avaient envie de conserver cet élan et de le renouveler.

Nous nous sommes donc posé la question, avec Jean-Baptiste Darantière, du saint local que nous pourrions mettre en valeur. Or, nous arriverons bientôt au 600ème anniversaire de l’épopée de Jeanne d’Arc… et, à Orléans et dans ses environs, c’était une évidence.

Au fond, la genèse du projet est très simple : le désir des gens de se retrouver, de vivre quelque chose ensemble, de continuer cette expérience d’amitié et de fraternité autour d’un projet commun. Sans le spectacle de Saint-Loup, celui consacré à Jeanne n’aurait jamais vu le jour.

À titre personnel, quelle a été pour vous l’idée motrice pour lancer ces beaux projets de spectacle ?

J’ai à cœur que ces spectacles soient créateurs de lien social, d’amitié et de fraternité. Et Jeanne d’Arc est vraiment une figure du rassemblement par excellence.

Jeanne, le spectacle est annoncé comme le plus grand jamais réalisé sur cette héroïne. Pouvez-vous nous en dire plus ? Qu’allons-nous y vivre et avec qui avez-vous créé ce projet ?

C’est le plus grand spectacle en l’honneur de Jeanne d’Arc : 200 volontaires, dont 130 comédiens sur scène, répartis en une trentaine de scènes, avec 2 500 places de tribune.

Nous faisons appel à des professionnels pour certains aspects techniques : c’est un spectacle qui se veut de qualité professionnelle, notamment avec un véritable son et lumière.

L’objectif est de faire vivre l’épopée de Jeanne d’Arc. Le public sera plongé, immergé dans sa vie. Nous voulons lui redonner chair : qu’elle ne soit plus simplement une statue dans une église, mais une personne réelle, avec une épaisseur humaine.

Et en même temps, nous voulons qu’elle garde ce mystère qu’elle a toujours représenté, pour les croyants comme pour les non-croyants : celui d’une jeune fille de 16 ans, illettrée, qui quitte sa maison pour aller rencontrer le roi, lever une armée et changer le cours de l’histoire de France. C’est fascinant.

À travers cela, nous souhaitons aussi mettre en lumière la providence de Dieu, c’est-à-dire son action à l’œuvre dans la vie de Jeanne. Aujourd’hui encore, Jeanne nous permet de redécouvrir Dieu à l’œuvre.

Pour un grand spectacle, il fallait un lieu à la hauteur : où aura-t-il lieu ?

Le spectacle se déroulera au Château de Charbonnière, un site datant du XIXème siècle que nous allons transformer en château médiéval grâce au son et lumière. C’est un lieu qui appartient à la ville d’Orléans, mais qui se situe sur la commune de Saint-Jean-de-Braye.

Il pourra accueillir une tribune de 2 500 places, avec près de 2 000 m² d’espace scénique.

Que proposerez-vous sur place autour du spectacle ?

Il y aura un village médiéval, appelé « le camp de Jeanne », avec de la restauration. Les spectateurs pourront profiter d’une restauration assise, sur réservation via le site internet, ainsi que d’une restauration rapide sans réservation.

Nous accueillerons également des professionnels qui viendront présenter leur savoir-faire, toujours autour de la thématique de Jeanne d’Arc. Il y aura notamment une épicerie médiévale, un sculpteur présentant ses œuvres sur Jeanne d’Arc, ainsi que Les Chérubins, qui proposeront des histoires pour enfants, dont une consacrée à Jeanne. D’autres métiers médiévaux seront également présents. Nous proposons ainsi une véritable soirée médiévale autour de Jeanne, accessible à tous les publics.

Le site ouvrira à partir de 19h et le spectacle débutera à 22h.

À vos yeux, pourquoi Jeanne d’Arc reste-t-elle une figure de notre histoire si souvent convoquée aujourd’hui ?

Tout d’abord, parce qu’il demeure un mystère autour de Jeanne, lié au fait qu’elle a été guidée par Dieu. C’est un mystère qui reste toujours à approfondir.

Elle est, je pense, une figure du rassemblement. Dans un pays parfois disloqué, elle incarne une forme d’unité nationale. Elle est d’ailleurs reconnue comme héroïne nationale, notamment depuis une loi de 1920 votée par l’Assemblée nationale. Cette même année, elle fut également canonisée par l’Église.

C’est également une figure qui oppose la force à la violence. La violence est une colère non maîtrisée, excessive, qui fait le mal pour le mal. La force, au contraire, est une puissance maîtrisée, qui vise à rétablir le bien et la paix. Aujourd’hui, nous avons besoin de courage face à l’adversité, et Jeanne l’incarne, à la fois de manière individuelle et collective. L’une de ces grandes forces est qu’elle rassemble au-delà d’elle-même : croyants et non-croyants peuvent se retrouver en elle.

Elle représente aussi une jeunesse engagée, que l’on retrouve dans l’Église aujourd’hui : une jeunesse qui cherche du sens à son action, et qui accepte une part de sacrifice — non pas pour donner la mort au service d’une violence inconsidérée, mais pour œuvrer à l’unité autour d’un projet commun.

Enfin, Jeanne est la figure charnelle de la grande Espérance chrétienne, au sens où elle nous tourne vers le surnaturel et vers un avenir meilleur.