Louissaint Baptiste, ordonné pour le diocèse d’Orléans en 2026

Le 7 juin 2026, nous avons eu la joie de célébrer l’ordination presbytérale de Louissaint Baptiste.
À cette occasion, nous l’avons rencontré pour lui poser quelques questions sur son parcours.
Bonjour Louissaint, pouvez-vous revenir en quelques mots sur votre parcours de foi ?
J’ai eu la chance de grandir dans une famille chrétienne. Peu après mon baptême, mon père est décédé ; j’avais alors huit mois. C’est ma mère qui m’a élevé et m’a montré le chemin de l’Église. J’ai également eu la chance d’être scolarisé dans des établissements catholiques, où des sœurs nous apprenaient à grandir comme enfants de Dieu. En famille aussi, nous avions une vie de prière. C’est en allant à la messe que j’ai ressenti les premiers signes de ma vocation.
Au lycée, j’ai commencé à traverser une période de tiédeur spirituelle : le désir qui m’animait auparavant s’était peu à peu éteint. Je n’allais plus à la messe et j’ai connu une véritable crise d’adolescence sur le plan spirituel. Je me suis alors posé de nombreuses questions existentielles et philosophiques, qui m’ont finalement ramené vers le chemin que j’avais connu dans mon enfance. Pourquoi la mort ? Y a-t-il une vie après la mort ? Quel est le sens de la vie ? Toutes ces questions m’ont conduit à reprendre conscience d’un Dieu d’amour, toujours présent à nos côtés.
Je me suis alors demandé : pourquoi ne pas donner ma vie à ce Dieu ?
Que diriez-vous à ceux qui ne comprennent pas le choix de la vocation sacerdotale ?
Je crois que tant que nous n’avons pas expérimenté la foi, il est difficile de comprendre. Tant qu’on n’a pas vécu une rencontre personnelle avec le Christ, certaines choses restent incompréhensibles.
À ceux qui ne comprennent pas, je réponds souvent par cette parole des Psaumes : « Venez et voyez. » Venez faire l’expérience de cette rencontre avec le Christ. Après cette rencontre, tout change.
Il existe des réalités que les mots ne peuvent pas pleinement exprimer. Certaines expériences vont au-delà des mots et ne peuvent être comprises que lorsqu’on les a vécues soi-même. Le Christ est toujours à l’initiative, mais nous pouvons toujours lui demander de venir à notre rencontre.
Qu’est-ce qui vous a le plus marqué durant vos années au séminaire ?
C’est la chance d’avoir pu faire l’expérience de l’Église universelle. Les séminaristes viennent de tous les horizons, mais le Christ nous rassemble. Malgré nos différences de sensibilité, nous avons appris à vivre une véritable fraternité. J’y ai rencontré des confrères sur qui je pourrai compter pour la suite.
J’ai également été marqué par les formateurs, notamment par leur sens de la pédagogie. Ils nous accompagnaient sans jugement ni à priori sur notre parcours ou notre origine. Ils prenaient le temps de cheminer avec chacun de nous pour mieux comprendre notre personnalité et nous aider à grandir.
Certains professeurs sont même devenus des amis, des personnes sur qui je pourrai compter et qui pourront me soutenir dans mon ministère presbytéral.
De quel type de prêtre le monde a-t-il besoin aujourd’hui ?
Je me reconnais assez dans la vision du Pape François, qui disait que l’Église d’aujourd’hui a besoin avant tout de pasteurs plus que de théologiens. Cela ne signifie pas que la formation intellectuelle ne soit pas essentielle ; au contraire, elle doit être prise très au sérieux. Mais la figure du pasteur renvoie surtout à l’image du berger.
Le monde a besoin de prêtres disponibles, proches des fidèles, vivant une véritable proximité pastorale à l’image du Christ. Des pasteurs proches de leurs brebis, portant « l’odeur des brebis ». Il ne s’agit pas d’être intrusif dans
la vie des personnes, mais de leur faire sentir cette présence et cette disponibilité : savoir qu’il existe une oreille attentive à leurs attentes, à leurs joies comme à leurs souffrances.
À travers le prêtre, c’est le Christ qui se rend présent. Le prêtre est appelé à être un signe d’espérance au cœur de la communauté.
Qu’est-ce que vous diriez aujourd’hui au jeune garçon que vous étiez avant d’entrer au séminaire ?
C’est beau de suivre le Christ. La formation que nous vivons au séminaire, sur les plans spirituel, intellectuel, pastoral et fraternel, transforme profondément notre personnalité.
J’ai beaucoup progressé. C’est vraiment une formation qu’on ne trouve pas ailleurs, et que je pense que tout le monde devrait pouvoir vivre. Elle a changé ma vision des choses, mon regard sur le monde. Elle m’a façonné, et je suis profondément heureux d’avoir vécu toutes ces années de formation. On voit vraiment le Christ nous façonner : c’est lui qui forme l’homme intérieur que je suis devenu.
Il y aura des moments où je me sentirais seul, mais cette parole résonnera toujours dans ton cœur : « Confiance, c’est moi, n’ayez pas peur » (Mt 14, 27).
Avez-vous une intention de prière personnelle à nous confier ?
Priez pour que je sois un prêtre, un pasteur, un berger selon le cœur de Dieu. Priez aussi pour tous les prêtres, afin que nous ayons toujours une foi droite, une charité parfaite et une espérance solide.

Rencontre avec le père Laurent Tournier, recteur du séminaire Notre-Dame de l’Espérance d’Orléans, qui a accueilli Louissaint Baptiste.
Bonjour Père Laurent, quels sont les critères d’une formation réussie ?
Une formation réussie, c’est d’abord un séminariste qui s’implique vraiment et qui se demande honnêtement s’il est appelé à aller plus loin. Le discernement ne repose pas seulement sur les formateurs du séminaire : les paroisses, les curés et les fidèles qui le voient vivre et servir apportent aussi leur regard.Pour discerner s’il est prêt à être ordonné, on regarde surtout quatre dimensions :
Humaine : sa capacité à vivre avec les autres, à servir, écouter, travailler en équipe et gérer les relations humaines. Spirituelle : avoir une vraie relation personnelle avec le Christ, nourrir régulièrement sa foi et savoir en témoigner simplement. Intellectuelle : garder le goût d’apprendre toute sa vie, approfondir la Bible, la théologie et comprendre les questions actuelles pour pouvoir accompagner les fidèles. Pastorale : savoir annoncer l’Évangile de façon juste et accessible, rassembler une communauté et aider l’Église à rester proche du monde d’aujourd’hui.
Quels sont les critères d’une formation réussie ?
C’est une question essentielle, parce que le profil du prêtre aujourd’hui évolue très vite avec la société. Nous ne pouvons plus former comme il y a encore cinq ans : le monde change, les attentes aussi. Il faut former des pasteurs capables de s’adapter en permanence. Par exemple, des sujets comme l’intelligence artificielle, absents il y a quelques années, font désormais partie des questions auxquelles un prêtre doit savoir réfléchir.
Le prêtre de demain devra aussi savoir faire vivre l’unité dans une Église très diverse. Les sensibilités sont nombreuses et il y a un vrai enjeu à préserver la communion sans effacer les différences. Cela demande une solide compréhension spirituelle et théologique de ce qu’est l’Église.
Il devra également être un homme de dialogue et de mission, capable d’aller à la rencontre d’un monde souvent éloigné du christianisme, pour proposer l’Évangile avec simplicité et proximité. Enfin, il y a aujourd’hui un grand besoin de réconciliation au sein même de l’Église, pour dépasser les étiquettes et retrouver une vraie fraternité.
Qu’est-ce qui vous a le plus marqué durant vos années au séminaire ?
C’est leur espérance. Entrer au séminaire vers 23 ans pour être ordonné autour de 30 ans demande une immense confiance : ils ne savent pas encore vraiment ce qu’est la vie de prêtre, ni ce que sera l’Église demain. Malgré cela, ils avancent avec foi et courage.
Cette espérance m’impressionne profondément et nourrit aussi ma propre vie spirituelle. Comme formateurs, nous essayons de les aider à tenir dans la durée, à vivre avec persévérance malgré les difficultés et les questions que pose le monde actuel à l’Église.
Notre rôle est aussi de leur transmettre la confiance : confiance en eux, en l’avenir et surtout en Dieu. Suivre le Christ n’est pas quelque chose d’acquis une fois pour toutes, c’est un chemin de croissance permanente. À nous de leur montrer qu’il y a un vrai bonheur dans la fidélité et la persévérance.
Un message pour Louissaint ?
J’ai envie de lui dire qu’il a fait un beau parcours de formation, mais que le chemin commence vraiment maintenant. La formation au séminaire est un tremplin pour toute une vie de service du peuple de Dieu et de communion avec le Christ.
Être prêtre demande de se renouveler chaque jour : on n’est jamais “arrivé”. Je voudrais surtout l’encourager à garder confiance. Le Seigneur sera toujours avec lui, à condition de se laisser conduire, de rester ouvert aux surprises de Dieu et de ne jamais se laisser décourager.